Auteure

Demain je serai japonaise

 

Je crois qu’il aurait suffi d’ un sourire,

D’une hésitation,

D’un pas qui s’interrompt,

 

Vos yeux,

Me fixaient,

Moi,

Ma silhouette,

 

Nous étions à 20 m,

Chacun d’un côté,

Du boulevard,

Devant un passage piéton.

 

C’est en traversant que

Ce coup de foudre

S’est confirmé.

Nos regards se sont entre choqués.

 

Et Nous n’avons pas osé.

Nous n’avons pas su nous arrêter.

Nous n’avons pas su nous retourner.

 

En fait depuis peu, 

J’autorise mes sens à me gouverner

Au delà de mes pensées.

J’ai la faim de louve.

 

Et si j’n’ai pas osé faire ce que…

Vous sembliez désirer.

Si vous n’avez pas osé faire ce que j’espérai,

Si le temps nous a précipité loin de l’autre.

Tout, 

Tout m’invitait à vous suivre, 

Vous prendre la main ou à marcher à vos côtés.

Vous poursuivre, 

À vous enlacer, 

À vous ouvrir mes bras, 

À nous regarder, 

À nous taire, 

Je rêve d’une tendresse absolue, 

D’une douceur, 

Sans sex, 

Enfin j’veux dire, 

Un désir enfantin, 

Un plaisir total, 

Une confiance absolue,

 

Je ne sais pas pourquoi j’ai hésité,

 

En fait, malgré nos âges, 

J’ai lu, 

Que ce soit vous 

Ou moi, 

Que nous avions ce bel âge, 

Du rêve d’être enlacés, 

De sombrer dans nos bras ouverts l’un de l’autre, 

Devant ce passage, 

Et nous aurions peut-être marcher, 

Nous nous serions peut-être perdus, 

Nous nous serions peut-être enlacés. 

 

Demain, je serai japonaise et je n’hésiterai plus et je ne regretterai rien. 

Prose :
 
Môme du monde, te souviens tu?
Au minimum, me diras-tu où tu allais? 
Me diras-tu ce monde sans allées et où les pommes ne tombent plus? 
Où seuls des feuillages cacheraient les fautes et les roses. 
Tu es entrée dans ta robe à l’aube inlassable. 
Frêle sur ton ballet de cymbales, tu t’y emballes au gré des  sortilèges. 

 

No regret, tu t’allèges.

Gosse du monde,​
Houhouhou, 
Tu ré-hausses tes épaules, 
Houhouhou,
Et tu te gausses.
Houhouhou,
Sous les dômes de tes légendaires domaines…

Aimante pluie 
Feignante du bonheur, 
Folle fée de breloques, 
Tu fais le feu de tes bois d’éloges 
Même vides et sans auges.

Toi

T’es folle

Mais j’t’aime

Tu le sais bien

Enfin j’veux dire

Tu sais que je t’aime

Même si tu ignore cela

Moi je le sais que je suis folle

Même si ça ne veut rien dire vraiment

Car à ce compte là, on est toutes folles

Si je m’en tient à ce que le monde subi.

Le feu de l’âtre, les grands espaces? Choisis ton camp.

Qui de droit détiendrait une utopie vraie

Je me sens diabolique ou libérée.

Toi tu te crois bonne et délaissée.

On est p’être un peu oiselles

Faudrait rajouter des griffes

Ou juste mettre le turbo

Tout imaginer

S'faire un aveux

Se sourire

S'le dire

Oui?

Depuis quand et comment?

 

V’lam… Tu te dis wouaaaahou.

Haaaaa Ah?

Oh! Oh!!!!

Tu te dis hah, ho? Oui…

Tu piges, Tu viens de piger, Oui? … Oui

That’it!

C’est cette voix là…

 

Et Vlam, le premier qui  mmmh …

Quand je l’entends, que j’ai 6 ans,

 

Et ton petitfroufrou qui me balance …

 

Oui, oui, Oh Bux, Bux Bunny,

Oui, oui oui oh Bunny

 

Oh ça c’est fou….

J’ai un faible

Mais très fou de ta gouaille,

J’ai un un faible mais très flou,

De ton froufrou.

 

Et de tes froufrous, Voice on the Rock my bux sweety Buny.

Il te dit oui,

il te dit non

 

Ses ailes s’ouvrent

puis se referment

Il se fatigue

Il se réveille

L’envie s’en vient

L’envie s’en va

La nuit le prend

Papillon de vie

Elle se dit oui, elle s’ouvre

Elle se dit non, elle tombe

Une feuille s’envole

Papillon vole

Une feuille s’affole

Papillonne vole

Tu la saisis

Tu le perds

Toi qui souris

Elle qui pâlit

Dans ton brouillard

Joli nénuphar

Dans ta vieille mare

Fleur tu as mis

Su’l bonnet d’nuit de tes souvenirs

Nu sous un phare

Nu à tes heures

Abris hagard

Petit quai de gare

Le train part

 

Dans cinq minutes

Le soir

Démarre

 

Sous la peau 

Les mots se resserrent

Sous la ligne de basse, des lettres bancales

Sursautent au signal

 

Elle part

Sans airs précis

Elle ère,

À l’affut

De tes mots que tu lui avais dit.

Oui, n’oublie pas de m’écrire.

LE PETIT SIRèNE

Je te consolerai

Petite soeur de cire

Je te hisserai

Du pont de tes larmes

Ce sel qui te mine

Flaque volatile

Je te lècherai

Je t’assècherai

Je te dégraferai

Cette écaille de cire

Tu t’adouciras

Pour d’autres présages

Tu nous consoleras

Sirène de nos larmes

Tu nous consoleras

De toutes les haines

D’une guitare seiche

Tu te remplumeras

D’une mélodie

Aux racines rebelles

 

Sur ta ligne de basse

Tu t’attacheras

Aux pieds une cloche

Et tes jolies fredaines

Je te consolerai

Je te rassurerai

Tu te rassureras

Tu t’étofferas

De plumes insensées

De canards boiteux

De moutons ailés

Je écouterai

Tu t’écouteras

Tu nous écouteras

Tu nous entendras

Tu nous écouteras

Nous nous consolerons

À perte de vue

À perte d’horizon

À perte de toi

À perte de nous

À perte de tout

"Chers plaisirs et tendres souvenirs arides.

Le désir est silencieux, avide et présent.

Il est là. Ici, devant, tout autour...

Pour franchir un état tout entier, les yeux ouverts, au loin je fixe, scrutant avec distinction, je m'applique à voir l'air.

Vivre.

La prophétie m'accable à nouveau et telle l'enfant, je pleure.

L'air enveloppe mes épaules où s'épanchent mes larmes. 

Je trace une ligne sur un axe, d'un point à un autre, je transforme mon état. En plein élan, je repars.

 

- "Tu es folle, je vais mourir, écoute comme je respire" - Adieu tristesse

De quelle mémoire, … vous? Balthazar

Aux ailes poudrées, … planant plein phare

À toute allure … sur le sillage

De la mémoire du coquillage.

Comme un reflet sur une image

L'histoire dira de votre passage 

« Au loin s’en va votre nuage

Dansant là bas sur le rivage

Chantant tout haut ou même tout bas :

« Ici là vie vous sourira… »

Chantant à soi peut-être tout haut :

« Bientôt la nuit pour seul repos »

Les bords du fleuve sont un peu creux,

Vos pieds dépassent toujours un peu

Vous flotterez de moins en moins

Perdant la rive de loin en loin,

Au fond profond du mot destin,

Se cache en vous le bon festin,

En retrouvant ce qui vous lie

Ici ou là, à votre vie. 

À quel alien, … vous? Balthazar

Seriez vous prêt à renoncer,

Loin des eaux troubles d’une fontaine

Où l’on s’abreuve d'amours humaines,

 

Où l’on s’abreuve d’amours humaines.

 

D'où tiendrez vous ce qui en vous

Vous évitera d’être le fou?

Chassant la gloire, charmant la haine,

Tout ça pour une paix souveraine.

Qu'il ait donné ou bien repris,

Le grand secret de votre génie,

Qu’'il vous éclaire ce bel orage

S'il vous libère de vos ancrages.

 

A quel alien, … sa majesté

Voudrait cesser de renoncer

Pour qu’on lui poudre ses grosses phalènes

Et qu’a lui s’ouvre les chrysanthèmes,

 

Gramineraie toute lactée

De son pollen vous raffolez,

Et enfantez des histrionnes.

Aux flanc d’une hydre un peu gloutonne.

Ellipse

 

Même à la maison je pleure. Les miroirs nous confient cela aussi.       C'est commun.                                      N'aimons pas!                            Dans

un sens comme dans l'autre, le renoncement     est le moyen utilisé en cas de deuil                                                                                                                                                    prématuré.

 

A l'aurore, près de la grande Nature florissante, gît le souvenirs enseveli.

 

Personne n'en saura rien.                                                           Nul n'y prête gare. Le moindre incident interrompt le déroulement naturel du temps.                                                                       

                                     Je regarde l'homme endormi sous les pigeons alcooliques.

Moi, j'ai un chez moi...                                                      une clef et une sonnette. L'interrupteur est généralement à droite.                         Non pas que je me trompe de droite.

                    C'est forcément la contrainte qui sauve le monde des pauvres adultes.

                                                                                       Laxisme ou indulgence,                                                                                          démagogie ou amour sont à peine           dissociables.

 

La thèse du complot est peut-être une façon de se donner enfin une raison     d'être.                                             Le système tout entier est contre l'individu.                                                                                                             

 L'aliénation.

 

" A l'attaque!     Qui m'aime me suive..." comme dirai l'homme à la sortie des écoles.

 

... "Viens, approche, donnes moi la mains. Si tu as peur je te ferai du mal."

 

Pauline               n'avait qu'à traverser la rue chaque matin depuis sa prime enfance. Bien plus tard,      tout a changé. C'était le monde à traverser. Elle n'a pas supporté.  Elle n'est plus là et elle nous a quitté.

 

Toujours est-il que     les savants montrent à leur manière les signes discursifs de la vie.                          L'élément consiste à imposer ce qui est comme tel, sans remettre en question les autres éléments.              L'homme, lui, tend à affirmer son unicité cosmique.                    Le verbiage somme brutalement mon oreille. Je vais allumer le poste de musique,                      le temps d'atténuer l'intérieur.

 

Franchement, si tu naissais singe, aimerai-tu les couleurs? Longuement je réfléchie aux hypothèses d'enfants :

 

C'est un peu après la nuit, quand vous songez à regarder : être dans un état précis et se rendre compte de celui-ci pour la première fois après l'avoir négligé souvent. Dégrafer l'étoffe qui vous contient et répandre une flaque volatile. Personne? Invisible et perceptible : la porte est située au milieu, le seuil délimite une frontière à laquelle je me fie. Ce pourrait être le visage souriant d'un corps en mouvement. L'apparat est convoitise et fête. L'aisance verbale, peut-être, distingue l'être parmi les autres. L'écoute... Ah! L'écoute. Le murmure aux inflexions d'un souffle timbré. Ne sachant rien sur l'après. Ne sachant rien sur l'avant. Le cercle se bombe à la surface et contient l'extérieur. La correspondance s'établit autrement. En forçant l'épaisseur jusqu'à son centre, le plein annule la différence entre la pensée et le langage.

 

 

L'origine est un mot pensé au-delà de son existence.

 

 

En faisant le marché, elle pense aux phénomènes imperceptibles de l'humeur.

 

L'obsession, le fragment et la chimie sont une seule et même chose. Certains chassent les papillons. Les promenades solitaires aussi, entretiennent les monologues. Le métronome sur la tête, le fauve est enfermé derrière les barreaux. Quand irai-je brouter les frais pâturages zébrés? Il faut prendre l'initiative, restaurer le relief géographique. A quelques mille d'ici va migrer la petite cohorte des prédateurs pour se reproduire. Tout bien observés, analysés et classifiés, les comportements grégaires retracent l'histoire récente.

 

Charmée par les chants, elle avoue ses faiblesses. Un sorcier n'a qu'une vie. Joliment apprêtée d'une tunique unie, la marotte s'anime. L'île est habitée depuis quelques temps par des nomades. Ils n'ont pas de chefs. Il consultent le ciel et échappent aux constellations maléfiques. La fumée suit le vent. Issues de quelques mythes oubliés, les superstitions guident la peur. D'Est en Ouest, dans cette voûte incurvée, le soleil s'élève pour rien. Seul l'air échappe à cette trajectoire inachevée. L'onde et l'eau flottent à la surface du vent. Jamais "deux fois" n'aura lieu. Ephémère. Sortir du rationnel centigrade. La configuration s'établit telle une piste d'atterrissage. Unes à unes, les envolées lyriques propulsent des bulles savonneuses. Comment ne pas disparaître? Les montagnes ont leur mot à dire. La source divine sauvera les insectes et les volatiles. Glaneuses et glaneurs entonnent la petite comptine.                                                             Nul part.

 

En passant prêt du puit, la vieille qui n'est ni sourde, ni muette ou aveugle, compte les saisons. Ce qui l'agace peut-être un peu, aujourd'hui, ce sont ces fourmis et ces abeilles : pourquoi s'affairent t'elles en plein soleil. Et le repos dans tout ça? Une trêve s'impose. L'éternelle question du pourquoi et à quoi bon. Inversons les rôles. Ceux qui oeuvrent sans relâche cessent soudain de n'être rien. Commémorons le trimillénaire d'une caste anonyme et ignorée. A tous ceux et celles qui ne s'appellent pas. Ils ont propagé la vie.

La foule et le temple sont sous les feux de la nuit. Des orties blanches poussent le long du sentier et paisiblement les vaches broutent et ruminent.

L'adolescent a choisi son avenir. Il sait déjà, la peur au ventre. J'aime, j'aime pas dirait le prophète. J'intercale l'interlude de la clef de fa. C'est du brouillard! Eurêka! Pêle-mêle, ça foisonne. Fiction ou divination? Action ou meurtre? Explosion ou chimère? Pouce! Votre sagacité m'épuise. Je ne sais plus rien. Mon chemin, je cherche mon chemin. Vous n'auriez pas vu un lapin courir? Le laitier passe chaque matin. Les ongles impeccables. Tout de même un peu de fantaisie! Ronchonnez en cachette, personne ne vous en voudra. Ma colère m'appartiens, je ne vends, ni ne donne... Je fais exprès. Ouais. Les cacophoneurs font la morale dans les institutions reconnues et laïques. "Permettez que je m'étale". Si je n'imagine rien de violent et de cruel, je suis fausse et vrillée. Dépecer son voisin n'a rien d'extraordinaire. Faire la paix pour les pauvres non plus. L'enfant a la jambe et la mère a la tête.Tu as une calculatrice moderne. Pèse le contraire. Tu ne penseras point assez. Baleine! Tes hanches ont la bougeotte. L'injustice est un prétexte. Le général est rasé proprement.

Tant de gens. Ils ont une résidence secondaire. Bénévole? As de... Mondanité insolites, tourisme urbain, évadés du bounty. Sur la piste tout scintille dans le miroitement angélique des convives. Ils tiennent la main pour toujours. Mercredi, gaufres chez Louise. Qu'est-ce que tu fais, a quoi tu penses? Pourquoi c'est bleu? Dommage que nous ne nous comprenons pas."Etablir un contact. Voici votre mission."

 

 

"FAITS ATTENTION? ILS SAVENT".

 

 

Toc-toc-toc                                                                                             bleu-blanc-rouge

Merci.                               Compiègne. Sauterelles.

 

Damnation                                                                              serait le mot d'ordre

les grottes se réchauffent.                                                                               Lentement.

 

Mode d'emploi d'une machine électrique :                si tu appuis sur le déclencheur quelque chose a lieu et trouve sa justification utilitaire                          ou poétique. Le silex par exemple.   Un coup de point                      ou une pédale musicale.

 

L'instinct.

                                                                                                  Être un peu bête. Avoir les sens en alertes.

                                      Les biches dans la clairière profitent de la lumière du bois.

 

Calomnie du jour.                                                     Je suis comme tout le monde.

Qu'est-ce qui m'arrive?

 

C'est une fleur qui sent,                                                             l'arbre qui s'étend.

 

 

Notre mère qui êtes sur terre, que ton nom soit, que ta volonté t'aide. Fais toi belle. Invite et commande! Tourne sur ton axe au son du feuillage. Le sol est jonché d'une myriade de petites choses insignifiantes comme ces flocons fondus.

 

Cet événement s'arrête sous mes pas. Vers toi qui existe, vers vous qui serez, je me tourne. L'attente enfin est terminée.

 

 

 

                                                                           Sandra Detourbet 2005